Ô temps, suspends ton vol !

Jamais poésie n’a été autant en phase avec le caractère singulier de l’univers photographique de Nathalie Courau-Roudier.

La photographe a compris le temps, elle sait le dompter, saisir les instants fugaces.

Elle a cet œil affûté qui perçoit ce que nous ne voyons pas, ce qui nous échappe : la photographie devient un véritable témoignage sensible qui va bien au-delà d’une parfaite maitrise des boitiers, des cadrages et de la lumière.

Son style étonne, sa précision détonne, et, surtout, Nathalie ose la couleur, estimant que nous ne vivons pas dans un monde binaire où tout serait noir ou blanc, noir et blanc.

Musicienne qui aime emprunter au répertoire français, Jean-Louis Aubert repère sa guitare sur la toile et lui offre ses premières accréditations en concerts, sur sa tournée « Aubert chante Houellebecq », marquant le début d’une carrière prometteuse.

Elle deviendra d’abord Nathalie Lady-Millions (By N-LM), son premier nom de photographe professionnelle, né de cette complicité.
Guillo lui dédie « Madame Millions », une chanson qui dit tout de la palette de talents artistiques de Nathalie, avec la poésie qui le caractérise.

Longtemps professionnelle de la communication de grandes entreprises, cette femme de l’ombre dispose de cet atout précieux de la compréhension immédiate de son interlocuteur, dont elle perçoit toutes les attentes. Habituée des plans de communication et des rouages de la presse, elle capte l’image qui ressort de ses shootings toujours joyeux, complices et sérieux.

Portrait de la photographe Nathalie Courau-Roudier
Portrait de la photographe Nathalie Courau-Roudier

La musique et les musiciens, les portraits de famille, les mémoires de mariages, l’entreprise, la nature, autant d’axes d’une réflexion photographique tantôt d’une grande profondeur tantôt d’une légèreté primesautière, qui font de Nathalie une artiste à part entière : elle ne prend pas la photographie, elle la fait, en toute simplicité, avec de la beauté dans le regard.

Ses clichés illustrent et défendent une manière contemporaine et libre de regarder, de recevoir, de voir, de percevoir, d’interpréter, en une langue qu’elle maitrise parfaitement pour exprimer pleinement les émotions et les sentiments.

Si les pensées sont les ombres de nos sentiments, les images en sont la lumière …

Thalès écrivait : « le temps met tout en lumière » : Nathalie Courau-Roudier sait jouer de ce temps, de ces lumières, parfois dans des clairs obscurs dont elle seule a le secret, tel un peintre des temps modernes.

Texte : Le Porte-Plume  –  Photo : Marina Roudier